Mariama Ba est née en 1929 dans une famille aisée de Dakar où elle a grandi dans la concession familiale située à l’ancienne route des abattoirs municipaux de Dakar, une concession abritant en son sein une grande mosquée qui assemble une foule à chaque heure de prière.

Après la mort de sa mère, elle est prise en main par ses grands-parents maternels traditionalistes.

Sa vie va être influencée par l’islam et la tradition. Normalement, elle devrait grandir dans ce milieu familial avec l’éducation traditionnelle qui comprend l’initiation à des rites (Savoir faire la cuisine, la vaisselle, piler le mil, transformer la farine en couscous, laver le linge, repasser les grands boubous et finir le moment venu, avec ou sans consentement chez un mari.), sans connaître l’école.

Les grands-parents de MARIAMA BA n’auraient jamais envisagé de l’envoyer à l’école primaire n’eut été l’insistance de son père Amadou Bâ devenu ministre de la Santé du premier gouvernement sénégalais en 1957.

Elle suit parallèlement l’enseignement en français et les études coraniques. À l’école, elle est une excellente élève et fait ses études primaires à l’actuelle école Berthe Maubert.

Depuis la période coloniale, les filles sont confrontées à une série d’obstacles si elles se décident à suivre l’enseignement supérieur.

Son père l’inscrit à l’école Française, mais il n’entend pourtant pas lui permettre de poursuivre sa scolarité au-delà du Certificat des études qu’elle vient tout juste d’obtenir.

Ce n’est que tardivement qu’il acceptera son inscription au Concours d’Entrée à l’école normale de Rufisque.

Ses grands-parents ne voient pas d’un bon œil son admission à cette école d’excellence.

A l’absence de son père, ils veulent s’opposer à son entrée à l’Ecole National de Rufisque. Il a fallu le dynamisme de la directrice Madame Maubert pour arracher le consentement de sa famille.

En 1947, elle termine son cursus académique. Elle obtient son diplôme d’institutrice et fait ses premiers pas dans l’enseignement à l’école de Médina.

De son premier mariage avec Bassirou Ndiaye, elle a trois filles, et du second mariage avec Ablaye Ndiaye une fille; elle obtient le divorce de son troisième mari, le député et ministre Obèye Diop, avec qui elle a eu cinq enfants.

12 ans après, pour des raisons de santé, elle demande son affectation à l’inspection régionale de l’enseignement du SÉNÉGAL.

Après son divorce, elle élève seule ses 9 enfants.

Elle fait la promotion de l’enseignement, se bat sur le terrain des droits des femmes, fait des discours et écrits des articles dans des journaux locaux.

En 1979, elle publie aux Nouvelles éditions africaines son premier roman UNE SI LONGUE LETTRE» qui emporte le Prix Noma de publication en Afrique à la Foire du livre de Francfort en 1980. Dans ce livre, elle dénonce les inégalités entre hommes et femmes dues à la tradition africaine. 

Après une longue maladie, elle meurt du cancer en 1981.

Par Binetou Ndao
Élève Au CEM Ogo Diop

 

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